La volonté de changer est une chose, et se donner les moyens d’y parvenir en est une autre. Un explorateur aura beau vouloir conquérir l’Amérique, sans un bon bateau, il n’ira pas plus loin que la plage (ce qui n’aurait pas été un mal rétrospectivement parlant). Ainsi, avant de manger mieux, vous allez devoir investir dans […]

¹ Lecture : 5 min. - Par Laurent CARDON, le 2 mai 2012 - 13 réponses

La volonté de changer est une chose, et se donner les moyens d’y parvenir en est une autre. Un explorateur aura beau vouloir conquérir l’Amérique, sans un bon bateau, il n’ira pas plus loin que la plage (ce qui n’aurait pas été un mal rétrospectivement parlant).

Ainsi, avant de manger mieux, vous allez devoir investir dans quelques ustensiles. Vous êtes prêts ?

Un bol (à la place des assiettes)

Faites comme dans le film « Seul au monde » : donnez un nom à ce bol.

Parce que maintenant, il sera votre ami (évitez de lui parler quand il y a des gens autour quand même), votre seul et unique support pour votre pitance. Grâce à lui, vous allez pouvoir :

Changer vos habitudes et votre manière d’agencer les aliments. Il sera en effet moins tentant d’y disposer frites, steaks et tranches de salade en arc de cercle. A contrario, vos purées et salades prendront de toutes nouvelles dimensions aussi bien ludiques que pratiques. Mélange, superposition, exotisme : avant de finir de découvrir tout ça dans un lit, et si vous commenciez dans votre assiette ?

Gagner du temps par la possibilité d’y réchauffer directement votre saine bouffe sans passer par la case casserole. La corvée de vaisselle ne sera plus qu’un mauvais souvenir puisqu’une fois le repas terminé. Un coup de chiffon et c’est reparti. Ah, et vous prendrez bien soin de n’acheter qu’un seul bol : question de discipline.

Un auto-cuiseur vapeur

Oubliez le micro-ondes, dites bonjour au cuiseur vapeur. C’est le nouveau moyen par lequel vous allez maintenant cuire votre menu.

Adios les mauvaises habitudes : votre micro-ondes vous a conduit directement à la case junk food pendant vos jeunes années : burgers, pâtes, pizzas et autres horreurs industrielles prêtes après un passage de 3 minutes au micro-ondes ne se cuiront pas à la vapeur (mais vous pouvez toujours essayer et nous envoyer une photo du résultat, nous sommes friands d’images cocasses).

De nouvelles saveurs :  la vapeur permet de garder toute la subtilité du cru tout en y ajoutant la douceur du cuit. Essayez-y légumes et poissons, vous risquez d’être surpris dans le bon sens du terme.

Un vrai passeport santé : quand la cuisson « violente » détruit tous les éléments sains (ou les transforme en sucre), la vapeur, par sa température basse et son contact diffus avec la chaleur, permet de garder le meilleur des viandes et légumes d’un point de vue nutritif.

Un gain de temps considérable : comme pour le micro-ondes, vous y placez votre bol, vous tournez le switch et vous attendez. Rien de plus pratique ! Votre lavabo se déchargera de vos transvasements douteux avec vos casseroles et plats à four, et il vous dira merci.

Une machine à pain

Le pain n’est pas un aliment fondamentalement sain sans être nécessairement nocif pour autant. Il est sucré – l’indice glycémique de base 100 se réfère au pain blanc – et aurait tendance à faire grossir selon certaines (et seulement certaines) études. Il est néanmoins très ancré dans notre culture, ce pour une bonne raison : c’est délicieux et pratique<

easy way to stop smoking/strong>. Mon idée n’est donc pas de vous empêcher de manger du pain (j’en suis moi même gros consommateur), mais à mieux le manger !

Déjà, oubliez le pain industriel : un simple coup d’œil sur les repères nutritionnels au dos du pain Harry’s vous donnera des sueurs froides au petit déjeuner. Malheureusement, on n’a pas toujours le temps ni les moyens d’aller à la boulangerie tous les matins, surtout que le pain que vous y achetez disparait rapidement.

La solution a tout ça se surnomme Machine à Pain : 1 verre d’eau salé, 1 verre de farine blanche, 2 verre de farine complète, un peu de levure boulangère, quelques graines de sésame. Vous appuyez sur un bouton, et il en ressort 3h après un délicieux pain sans additif chimique. De cette liberté nouvellement acquise vous allez pouvoir créer des pains toujours meilleurs et plus sains (pain aux graines, pain aux noix, etc.), vous ne serez plus jamais en panne le dimanche et sa forme rectangulaire vous évite le grignotage.

Un blender

Cette machine sera juste la plus ludique de toute votre cuisine. Vous allez passer votre temps à mixer tous les ingrédients qui vous passent sous la main. Mixez et obtenez une mousse onctueuse à utiliser en purée, en jus, en sauce, à tartiner, en toast ou pour former des steaks de tout ce que vous voulez (des légumes, par exemple).

Prenez une machine à forte contenance.

Attention aux matériaux pour la cuisson

Équipez-vous de casseroles et poêles en inox sans revêtement et  plats en céramique et/ou pyrex pour le four. C’est important. Allez voir sur Internet, il y a pleins de gens qui flippent et ça calme. Vous aurez l’explication du pourquoi votre maman vous interdisait d’utiliser le couteau dans la poêle pendant la cuisson.

La collection complète des herbes et épices

Comme dans vos jeunes années, il faudra tous les attraper : poivre, curry, ail, céleri, curcuma, gingembre, oignon, raifort, basilic, cannelle, ciboulette, coriandre, laurier, menthe, origan, romarin, persil, thym, clou de girofle, safran, paprika, cumin… frais, surgelé ou en poudre : choisissez votre clan temps que le goût y est.

L’idée est que vous ne soyez jamais bloqué par un condiment manquant (peut-on faire une bonne sauce tomate sans herbes de provence ?) et que vous puissiez faire marcher la machine créativité quand vous préparez de nouveaux aliments. Si vous ratez un plat, de bonnes épices bien dosées peuvent vous sauver la mise. Vous n’aurez plus besoin d’ajouter ketchup ou mayo (sauces que vous prendrez bien évidemment soin de jeter de vos frigos) pour donner du gout au fade alors qu’un simple filet d’huile d’olive et quelques épices vous emmèneront au nirvâna gustatif. Et devinez quoi ? Les épices ne contiennent pratiquement aucune calorie. Usez et abusez-en : votre ligne est consentante.

Et n’oubliez pas, en cuisine comme avec les filles : éclatez-vous.

zp8497586rq
zp8497586rq

Mais qui est Laurent CARDON ?
Dissidence de salon et mauvais sentiments. Vous n'aimerez pas m'haïr, vous haïriez m'aimer. Retrouvez le sur Twitter ou Facebook

13 réponses au sujet. Parlons-en !

  1. Vincent, je ne te donne pas tord sur le pain artisanal, j’ai découvert une petite boulangerie tradi près de chez moi et si je mange maintenant moins de pain, il est bien meilleur.

    Je garde quand même l’idée de machine à pain qui faisait écho à la mauvaise habitude de manger du pain de mie industriel ou la « baguette » au boulanger du coin qu’il ne fait souvent même plus lui même (la baguette jaune, lisse et très sucrée qui ne coute pas cher).

    Il faut prendre la tradi avec une mie très très aérée, gage de qualité de la pâte et la levure.



  2. Vincent

    Correction de mon commentaire précedent, vous aurez bien lu (pas si stupide le lecteur sur batardsensible) 10 repas par semaine. Ok j’ai un peu de poids à perdre, mais quand même 😉



  3. Vincent

    Je découvre ce site avec pas mal de plaisir, et y trouver un article sur la cuisine me donne envie de continuer à lire.
    Perso je cuisine beaucoup puisque je fais quasiment tous les repas de la semaine et du midi (j’emmène mon tupperware le midi), donc 10 repas par jour. Ok, je vis avec ma copine donc je lui laisse de temps en temps les fourneaux., mais c’est pas bien fréquent ! Je ne suis pas un grand cuisinier, ça non, mais j’adore faire la popote.

    Bref, tout ça pour en arriver à deux points :
    – Non ! la machine à pain ça ne fait pas « un délicieux pain », mais un truc informe, sans croute, avec une mie immangeable car toute tassée, bref : un pain mal travaillé, pas aéré et mal cuit. Quel dommage ! Je préfère en manger moins souvent et en acheter du bon sur le marché ou sur le chemin du boulot… J’accepte néanmoins qu’on puisse accepter ce pain lourd, mais ça reste un peu le nutella du chocolat.
    – les « gros équipements » c’est bien, mais les basiques (comme le bol et les épices ! 🙂 ) c’est encore mieux ! N’oublions pas les couteaux -de vrais beaux couteaux en acier à aiguiser pour ceux qui aiment les beaux objets bien lourds, ou la céramique qui coupe toujours- la graaaaande planche à découper ou encore les herbes de provence et le poivre qui ont sauvé mes débuts en cuisine tout autant que les épices.


  4. Super article, des appareils de plus en plus ingénieux ^^

    Bonne journée


  5. Je crois que je viens de faire l’ébauche d’une moitié d’article aha.


  6. Laurent > Tout va dépendre de tes objectifs : meilleur santé, plus de plaisirs (goût, texture, création, contexte) ou changer ton physique (maigrir ou prendre de la masse pour la muscu). Si tu as déjà tous le matos tu gagnes déjà des points dans les 3 catégories (ça ne peut être que mieux même si ce n’était pas pire).

    Si tu t’intéresses à la nutrition tu vas invariablement finir derrière les fourneaux car tu vas prendre goût à la cuisine (saveurs, ludisme, inventivité et même un petit prestige social pour les amis / compagnes). Sans aller jusqu’à monter ton resto, il y a un stade du « conciliable » qui te permet de toute façon d’économiser du temps et de l’argent par rapport à aujourd’hui.

    Comme tout changement, ça demande un peu d’effort au début (et seulement au début), mais une fois la mécanique changée et prise, tu es gagnant sur tous les points.

    Petite check list (on détaillera dans des articles) :

    + Liquider ses idées reçues et certaines mécaniques publicitaires / politiques (dont nos parents ont été les plus grandes victimes).
    + Déculpabiliser l’acte. Il y a une honte sociale à bien manger car trop « féminin », bobo ou considéré à tord comme peu hédoniste (alors que justement c’est la générosité qui prime).
    + Redécouvrir les légumes, les vrais, bien préparés et les apprécier (base des bons plats et de la diversification).
    + Changer ses lieux d’approvisionnement quand la qualité n’est pas au rendez-vous (l’arabe du coin n’en est pas un ; redécouvrir le marché du samedi / dimanche, rentrer au moins une fois dans un magasin bio, etc.)
    + Revenir à la source des aliments (+ l’aliment est manufacturé, moins il a de goût et de nutriments et plus il se gorge d’huile, de sel, de sucre et d’E110 divers)
    + Ouvrir l’horizon des ingrédients (mes amis savoyards ne savent pas faire un repas sans crème fraîche, pain ou pomme de terre. Il y a pleins d’ingrédients sublimement bons absents de nos étales sans qu’ils soient pour autant exotiques).

    Dis comme ça c’est un peu « militaire » mais le plus simple reste probablement d’y aller pas à pas. Personnellement, sans guide ni conseils, j’ai eu 4 grands pilliers :

    – De connaitre des personnes qui aiment les bons restos où il n’y a pas de steak frites sur la carte.
    – D’avoir des potes avec qui on organisait des pre-soirées cuisine où il fallait faire des plats différents à chaque fois.
    – Un voyage de 4 mois au Chili avec beaucoup de restos traditionnels pour 2 euros le repas d’orgie (dont un végétarien à côté qui faisait plaisir en lendemain de fête)
    – Être tombé amoureux
    – D’avoir eu quelques coups sur la santé (c’est généralement comme ça que ça commence, quand l’alarme s’allume).

    Sans aller jusque là, taper les ingrédients du fond de frigo sur Google est déjà une bonne discipline pour la découverte. Tu vas vite te rendre compte qu’il n y a aucune recette ou livre de recettes mais que du feeling (qui exige quand même de bien maîtriser ses ingrédients).

    Je vais essayer d’élaborer quelques plats simples et goûteux pour débutants dans mes prochains articles. J’avais déjà 3 recettes inventées (et surement améliorables on verra) que j’ai adoré mais sans prétention : http://www.batardsensible.com/club/random/vos-recettes-et-repas-bon-appetit-bien-sur/


  7. Bon, c’est super tout ça, moi qui veut améliorer mon alimentation. Depuis que je prends le temps et que j’ai une vraie cuisine, je vois déjà que je mange mieux.

    Donc une fois qu’on a tout ce qu’il faut, qu’est-ce qu’on fait ? Par où commence-t-on ? (sachant que je n’ai pas envie de passer 1h aux fourneaux chaque jour) Y a-t-il des bons bouquins de cuisine à recommander ?

    Bref, tu l’auras compris, je serais friant d’autres articles sur le sujet ! 😉



  8. Linck

    Un second article signé Neoxys nous incitant à suivre une autre voie. Et mec, tu as entièrement raison. Cela devrait d’ailleurs être une priorité : faire comprendre au peuple qu’il existe une alternative à notre mode de nutrition ( je dis notre, mais il est importé des USA ).
    Un excellent article, continue à nous livrer ainsi les clés d’une existence plus saine.



  9. Shruikan

    Important : sachez qu’il existe des machines qui combinent les fonctions des blenders/machines à pain/shakers/yaourtières/poupée sexuelle ! C’est moins cher et ça prend moins de place. Mais que demande le peuple ?

    Un superbe article de notre ami Konrad. Bien manger, ça ne s’improvise pas : vous avez de quoi prendre de bonnes habitudes & vous savez comment vous équiper. Prochaine étape sur Bâtard Sensible… wait and see, qui vivra verra.



  10. Britannia

    Des noix venues directement de Syrie, de succulentes dattes jordaniennes et des olives noires de la Mer Egée. Un exemple d’ingrédients pour le 4H du stade final de l’évolution hybride vers une nourriture riche, saine et en apports nutritifs suffisants pour subsister en bonne forme jusqu’au souper.



  11. Lez

    Un article sur les aliments acceptables en boîtes/surgelés/etc. serait le bienvenu aussi. Je sais que beaucoup sont réticents & pensent que boîte ou surgelé = malbouffe, pourtant beaucoup de produits ne perdent pas leur saveur sous ces conditions ; d’autres, cependant, sont immangeables & à éviter (le poivron surgelé, le champignon en boîte, par exemple).


  12. Les asiatiques ont bien compris cela, ils séparent même les aliments et trouvent cela bien peu élégant -et peu pratique- de mélanger ses aliments (le riz et sa viande donc).
    C’est amusant de voir la différence marquée entre ouest et est sur le mode de consommation à table :
    – Plat servie dans une marmite dans laquelle on se sert dans une assiette et on y découpe les aliments.
    – Plat servie dans des compartiments séparés dans laquelle les aliments sont déjà découpés en bouchées.



  13. Lez

    Très bon article, je prends d’ailleurs le passage sur le bol très au sérieux : dès qu’un appartement confortable me sera proposé, la cuisine dans sa globalité sera ma priorité, & le bol me semble une bonne technique pour manger plus sainement (qui irait couper son gros morceau de viande dans un vulgaire bol ?).


Comments are closed.